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L’expérimentation ABA à l’heure du bilan ... (3)

JPEG - 5.3 ko L’analyse de Harold HAERINGER :
  • Vous êtes les premiers acteurs de ce dispositif expérimental, quelle est votre analyse globale sur son fonctionnement et ses résultats à mi-parcours ?

Quand nous avons eu l’accord de financement de ARS en novembre 2014, le projet était d’ouvrir officiellement l’activité du SESSAD (résultat du jumelage de l’association Le Nouvel Ecolier avec l’asociation Frédéric Levavasseur) en janvier 2015. Ce projet prévoyait :
- l’accompagnement de 6 enfants avec le traitement ABA à hauteur de 10h par semaine.
- 1 superviseuse BCBA
- 1 superviseuse Psychologue spécialisée en ABA
- 2 éducateurs
- 1 éducateur/superviseur en formation.

Nous avons dû composer sur ces bases pour créer le service, définir son organisation, son fonctionnement et ses objectifs :
- obtenir les autorisations nécessaires à la bonne pratique du traitement comportemental dans le contexte SESSAD ( les parents comme co-thérapeutes, les conventions avec les Ecoles, l’utilisation le transfert et la conservation des données).
- élaborer les plannings de travail des éducateurs comprenant les temps de prise en charge, de transport, de préparation de matériel, de réunion et de supervision.
- commander tout le matériel spécifique pour la bonne pratique de l’ABA.
- définir les responsabilités et rôles de chaque poste : superviseurs, éducateur à domicile, éducateur en guidance à l’école.
- créer des outils de communication entre les différents acteurs (compte rendu de séances, de guidance, dropbox, skype...
- créer des outils de travail permettant de respecter les règles de bonnes pratiques du traitement ABA (classeurs enfants, classeurs domicile et école, grille de cotation diverses, résultats et graphiques…)
- faire les évaluations de compétence de chaque enfant, définir les objectifs PIA et créer les programmes d’apprentissage correspondants et leur système de cotation et de traitement des données.
- former l’équipe éducative.
...

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Dans le même temps, nous devions assurer dès le début la prise en charge des 6 enfants pour un total de 10X6=60h par semaine.

Dans cette quantité de travail à réaliser avec les moyens limités et le peu de temps que l’on disposait, les 3 familles à l’origine du jumelage de l’association Le Nouvel Ecolier avec l’association Levavasseur ont fait preuve d’une certaine impatience. La souffrance d’être parent d’un enfant autiste associé à un pouvoir décisionnaire peut amener à mal considérer les professionnels qui les aident et ainsi développer sur eux beaucoup trop d’exigence sur le court terme. Ces parents ont été habitués à se battre pour avancer dans l’accompagnement de leur enfant. Aujourd’hui, bien que le projet soit validé par l’ARS, ils continuent de se battre mais parfois contre le professionnel éducatif aidant qui peu à peu se fatigue de ces diverses situations souvent tendues.

Aujourd’hui à mi-parcours (décembre 2015), le service semble enfin reposer sur des bases solides, résultat de nombreuses réflexions, d’écrits, de débats entre les différents acteurs que sont l’équipe éducative, les superviseurs, l’association Levavasseur et Le Nouvel Ecolier.

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Sur les prises en charge, les progrès des enfants sont impressionnants et prouvés scientifiquement car nous cotons les résultats continuellement :
- sur une séance de travail à table, un enfant qui s’engageait à une moyenne de 367 comportements inadaptés / heure peut aujourd’hui faire des séances de plus de 10 minutes avec une moyenne de 2 comportements inadaptés / heure.
- un enfant qui ne savait articuler aucun mot en janvier 2015 utilise aujourd’hui 18 mots de façon adaptée ainsi que 42 mots en Langue des Signes Française.
- un enfant qui avait l’habitude de dormir entre ses parents, sait aujourd’hui dormir seul dans sa chambre en appelant sa mère 0,7 fois par nuit en moyenne.
- un enfant qui ne savait assurer que 20 % des étapes du lavage des mains sait aujourd’hui en assurer 90 %.

  • quelle est votre analyse globale sur son fonctionnement et ses résultats à mi-parcours ?

Le travail en partenariat avec tous les acteurs autour de l’enfant (parents, AESH, instituteur, orthophoniste, psychomotricien...). Comment organiser ce travail et ces échanges pour que chacun puisse œuvrer dans sa spécialité sans abîmer le travail de l’autre mais en étant complémentaire et toujours dans un sens commun à tous pour un bon apprentissage de l’enfant dans la généralisation de ses compétences.

  • Comment voyez vous la suite ?

Après un an de construction et d’activité, le service fonctionne et les rôles de chacun sont de plus en plus précis pour une meilleure efficacité dans la coordination du travail fourni.
La création d’un nouveau poste à temps plein qui sera assuré par une Psychologue spécialisée en ABA dès janvier 2016, permettra de mieux se concentrer et d’être plus réactif sur les prises en charge éducatives des enfants et servira, je l’espère, de garde fou entre les parents, les partenaires et l’équipe éducative afin de protéger cette dernière.

Harold HAERINGER
Educateur/Superviseur stagiaire BCaBA
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jeudi 7 avril 2016, par Dominique BONMALAIS

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